Etat du gibier : baromètre de l’ouverture

  - Passion Chasse

Septembre est une période toujours très attendue dans le calendrier des chasseurs : c’est l’heure de l’ouverture générale de la chasse. Quelle tendance pour cette année ?
Pour permettre à chacun d’appréhender cette nouvelle saison, voici le traditionnel baromètre d’ouverture de la chasse dans le département de la Marne.


La chasse, une passion inter générationnelle

GRAND GIBIER

Chevreuil
Comme au printemps 2016, la forte pluviométrie des mois de ce début d’année aura été favorable au plus petit des grands gibiers. En effet, la pluie favorise une végétation riche et variée. Ceci permet d’assurer une bonne lactation de la chevrette et ainsi l’élevage et le sevrage des deux jeunes généralement rencontrés. Le chevreuil se porte plutôt bien dans notre département même si la vigilance reste de mise. Pour cela, nombreux sont les Groupements d’Intérêt Cynégétique qui le suivent année après année. Dans ces conditions, il est important de réaliser les plans de chasse (quota de prélèvement autorisé), car quand une population prospère, elle peut finir par décliner, voire péricliter. Dans ce cas, le chasseur gestionnaire doit prendre le relais avant que dame nature ne s’en charge avec d’autres méthodes. Cette remarque est d’autant plus importante que nous constatons dans quelques secteurs certaines mortalités anormales. Ces phénomènes pourraient être les premiers signes de densité-dépendance caractérisant le déséquilibre de la population avec son milieu d’accueil.
C’est l’autre paradoxe de la passion chasse. Savoir prélever des animaux en quantité suffisante pour en garantir la présence et la bonne santé sur un territoire.
Comme quoi, les chasseurs sont les premiers écologistes de France.


La chevrette, femelle du chevreuil avec son jeune

Cerf
Quand la météo est favorable au chevreuil, elle l’est aussi pour le cerf élaphe. Ainsi, il n’y aura pas de souci en matière de naissance et de survie juvénile du côté du roi de la forêt.
Le quota départemental des prélèvements reste stable. Localement, les situations sont très hétérogènes selon les secteurs. Des unités de gestion où les populations sont maitrisées, d’autres massifs où les populations sont en total déclin et enfin d’autres zones de gestion où le cerf après avoir colonisé discrètement, continue d’augmenter de manière significative. Ce constat renforce ici les valeurs fondamentales de la chasse, à savoir atteindre et conserver l’équilibre agro sylvo cynégétique.

 

Sanglier
Contrairement aux idées reçues, voici une espèce plus sensible aux aléas climatiques de ce printemps ! En effet, les marcassins supportent moins les périodes fraiches et humides. Non pas qu’ils soient moins robustes, mais ils subissent plus la promiscuité liée à l’espèce : plus de petits par portée, vie en compagnie parfois conséquente et population souvent concentrée. Tous ces éléments favorisent les transmissions de microbes, virus et parasites qui pullulent lors d’un printemps comme nous venons de le vivre. Néanmoins, la population de suidés présente sur l’ensemble du département se porte pour le mieux. Les observations recueillies pour le moment montrent une bonne reproduction et une excellente survie des jeunes. La vigilance reste donc de rigueur ! Les GIC (Groupements d’Intérêt Cynégétique) ont compris le message porté par la fédération. Ainsi, il faudra prélever autant d’animaux que l’an passé si l’on ne veut pas tomber dans les travers d’une gestion à rebours.


Jeune mâle aux aguets

 

PETIT GIBIER

Perdrix grise
Reproduction 2018 : encore bien faible pour la perdrix grise !

Les conditions météorologiques du printemps et de l’été 2018 laissaient espérer, enfin, une bonne année de reproduction pour la « grise ». Malheureusement, la reproduction est une nouvelle fois très moyenne, voire mauvaise sur certains secteurs. Les causes météorologiques étant écartées, le mal semble plus profond.

Le service technique a échantillonné 26 communes entre le 23 juillet et le 2 août 2018 et a ainsi parcouru 785 km dans les parcelles. C’est plus de 1 800 perdrix grises qui ont été observées et qui ont permis de produire un indice départemental de référence de 3,2 jeunes par poule d’été. Selon les secteurs, des écarts significatifs sont constatés dans une fourchette allant de 2,5 à 3,9. A noter, une fois encore, une proportion très importante de poules sans jeune, 59%. La moyenne des jeunes par compagnie avoisine 8. Plusieurs belles compagnies sont observées, mais elles sont très rarement menées par deux adultes seulement. Comme chaque année, une part importante de reproducteurs a disparu entre mars et août, proche de 50 %. Les recoquetages ou tentatives de recoquetages n’ont pas eu de réussite à cause d’une moisson toujours plus précoce. La perdrix grise aura donc connu 3 mauvaises années de reproduction consécutives, de 2016 à 2018. C’est assez consternant !

Quelles conséquences pour la saison de chasse à venir ?
Question posée au Président de la fédération Jacky DESBROSSE.
Les perspectives techniques…
Après notre constat factuel, qui, comme l’année dernière, montre qu’avec des conditions météo plutôt favorables, nous avons une reproduction qui n’est pas à la hauteur de nos espérances, que plus d’une poule sur deux n’a pas de jeune en août, alors notre mission technique et scientifique, avec l’aide de nos partenaires doit se renforcer sur la compréhension de :
• la nidification,
• la survie des jeunes,
• les conséquences des moissons toujours plus précoces et rapides.
Des sujets majeurs et réellement urgents qui doivent trouver des réponses !
En parallèle cet été, nous avons engagé et encadré techniquement des lâchers de jeunes oiseaux sur 9 territoires marnais.
A ce jour cette opération semble encourageante, nous poursuivons notre suivi et nous vous informerons ultérieurement.

 

Sur le terrain :
C’est le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique en vigueur qui s’applique et pour les zones hors plan de gestion :
Avec un indice départemental compris entre 3 et 4, la chasse sera ouverte deux week-ends entre le 6 octobre et le 15 octobre 2018, uniquement les samedis, dimanches et lundis.

Pour les secteurs couverts par un plan de gestion :
La fédération des chasseurs laisse le soin aux responsables des structures cynégétiques de décider du niveau des attributions en s’appuyant sur la nouvelle grille départementale.
En tout état de cause, les éventuelles attributions devront être particulièrement raisonnables.
En effet, il faudra bien appréhender l’incidence des prélèvements sur le stock des reproducteurs présents et à venir.
Techniquement le niveau de reproduction de cette année doit permettre, au mieux, de compenser les pertes naturelles subies entre les deux derniers printemps.


Perdrix grise, une espèce sous haute surveillance

 

Faisan commun
Cette espèce s’en sort mieux. Il n’est en effet pas rare de rencontrer quelques belles compagnies. Certains groupements l’ont compris et redoublent d’effort sur le terrain pour favoriser la présence de l’espèce. En témoigne le développement des actions sur le terrain. La chasse du faisan est certes différente de celle de sa cousine “la grise”, mais elle procure de belles émotions aux amateurs de chasse avec chiens d’arrêt ou leveurs de gibier.

 

Lapin de Garenne
Cette année encore, les animaux, jeunes et adultes observés ce printemps, laissaient présager de nombreuses rencontres durant la saison. Néanmoins, la modération reste de mise, car cette situation n’est pas générale au département. En effet, nombreux cas de mortalité dans toutes les classes d’âge ont été constatés au début de l’été. Les cartes sont donc rebattues. Les premières sorties sur le terrain pourraient en surprendre plus d’un en bien comme en mal. Ceci dit, comme tous les ans, l’attention reste d’actualité sur cette espèce, compte tenu des effets néfastes que peut causer une population trop abondante au printemps suivant.

Lièvre
C’est une constante, les comptages de printemps ont révélé une stabilité, voire une augmentation des populations de lièvres. Ceci aura facilité la mise en œuvre de normes d’attribution en légère hausse et pu permettre à chacun de pratiquer quelques journées de chasse en plaine. Comme tous les ans, les animaux étaient bien présents juste avant les premières récoltes. Aujourd’hui, ils sont déjà moins nombreux. Reste aux chasseurs gestionnaires à s’adapter selon la réalité du terrain durant sa saison de chasse.


Détaler comme un lapin s’écrit aussi en version lièvre

 

Du côté des «nuisibles» de leur chasse et de leur régulation :

Le renard
Souvent décrié et pour beaucoup à l’origine de tous les maux de la petite faune de plaine, le renard n’en reste pas moins un bel et valeureux animal de chasse. De là à en faire le principal petit gibier de plaine et de bois, il ne faut pas exagérer. Néanmoins, cette espèce offre une multitude de modes de chasse donc de sorties seuls ou entre amis durant toute l’année. Là aussi, les constats de terrain attestent d’une bonne présence de l’espèce.


Le renard, un bel animal de chasse avant tout

Corvidés (Corneilles noires, corbeaux freux et pies bavardes)
Même si à ce jour, nous n’avons aucun indicateur précis sur l’état de reproduction de l’espèce, il n’en demeure pas moins que les prélèvements réalisés l’an passé n’ont pas diminué. Ceci traduit donc un état, à minima, stable des populations et rappelle la nécessité d’assurer une régulation constante de ces trois espèces à la fois pour participer à la préservation de la petite faune de plaine (chassable ou non) en favorisant ainsi la réussite de la nidification, mais aussi pour limiter l’impact sur les grandes cultures. Là aussi, tout n’est qu’une question de régulation et d’équilibre à trouver. Tout le monde conviendra aisément que les excès dans un sens ou dans l’autre ne sont jamais bons à prendre.

 

OISEAUX MIGRATEURS

Mieux qu’en plaine

Pigeon ramier
La reproduction bien que retardée après le pic de fraicheur du début de printemps est jugée favorable pour cette espèce présente toute l’année sur le département. En résumé, c’est une constante pour le ramier ou la palombe pour les gens du sud. Cette espèce au mode de chasse singulier, doit permettre de belles émotions tout au long de la saison s’il ne lui vient pas l’idée de déserter le pays en quête de chaleur. Cela dépendra donc de l’hiver s’il passe ou non sur nos terres. Il faudra alors jouer de ruses pour faire descendre au sol les bandes de milliers d’oiseaux de passage dans le ciel.

Gibier d’eau
La nidification a été nettement tardive par rapport aux autres années et pour le moins perturbée avec l’épisode de crue de ce printemps. Sur le plan local, c’est donc une année très moyenne qui a été constatée à l’ouverture. Cependant, le gros de la saison reste à venir avec les premiers froids de l’automne. Comme chaque année à la même époque, les sauvaginiers croisent les doigts, scrutent le ciel et surveillent la lune.

Caille des Blés
A l’instar de la perdrix grise, la caille des blés aura pâti des mauvaises conditions climatiques et d’une moisson précoce. Ceci aura été confirmé par les suivis printaniers opérés par le service technique de la fédération. Quelques rares rencontres auront pu être possibles dans les luzernes et betteraves à l’ouverture spécifique de cette espèce et encore. Seul point positif, ces sorties auront contribué à « mettre en patte » les chiens.

Bécasse des bois
A l’heure où ce baromètre est rédigé, il est difficile de faire un pronostic sur la présence de cet oiseau migrateur qui vient hiverner dans l’hexagone. Il semble que les conditions climatiques sur l’aire de reproduction qui s’étend de la Pologne jusqu’à l’Oural aient été suffisamment favorables pour espérer une saison normale. Ce constat pourra néanmoins être confirmé ou pas selon la rigueur de l’hiver propice aux déplacements des oiseaux vers l’Europe de l’Ouest.


La chasse, des émotions grandeur nature

 

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