État du gibier : le baromètre de l’ouverture 2022

 In Grand gibier, Migrateurs, Passion Chasse, Perdrix grise, Petit gibier, Pratique de la chasse

ÉDITO DU PRÉSIDENT

Une activité incontournable du monde rural va s’intensifier dans les jours à venir !
Notre pratique fait l’objet d’attaques incessantes, infondées, approximatives et régulièrement haineuses. Je suis consterné de constater qu’au-delà de la stigmatisation perpétuelle de notre passion, certains individus s’arrogent le droit de dicter leur idéologie et veulent faire régner un intégrisme émotionnel autour de la pratique de la chasse. De plus, créer des clivages autour d’une pratique légale, totalement encadrée, est totalement improductif. Sauf à remettre en cause les fondements des lois et des règles qui gèrent notre vie courante !
Les chasseurs vont continuer, malgré tous ces tourments, à expliquer la chasse au plus grand nombre et à la pratiquer, dans le respect des règlements et des règles de sécurité.
Le mois de septembre marque traditionnellement l’ouverture générale. Après les activités de récolte du monde rural, c’est le temps de reprendre en famille, entre amis, notre passion, la chasse…
L’engouement reste intact et nombreux sont les nouveaux chasseurs qui viennent garnir nos troupes.
Y compris une forte cohorte des femmes, que nous sommes ravis d’accueillir. Le désir de vivre des moments intenses dans la nature est motivant.
C’est ainsi que nous constatons avec joie une demande de formation. Quoi de plus captivant que d’apprendre puis de vivre la nature réelle en vraie grandeur ! Les fédérations des chasseurs reconnues pour leur expertise sont à même de répondre à ces formations.
La chasse est une activité qui permet à la fois rencontres et échanges. Notre pratique concerne toute la société et contribue très positivement à la cohésion sociale.
Alors, pour ce temps fort du monde rural, qu’est l’ouverture générale de la chasse, nous sommes heureux et fiers d’en être les acteurs.

Jacky DESBROSSE
Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Marne
Président de la Fédération Régionale des Chasseurs du Grand Est

 

ÉTAT DU GIBIER
Le baromètre de l’ouverture de la saison de chasse 2022/2023

Septembre est une période toujours très attendue dans le calendrier des chasseurs : c’est l’heure de l’ouverture générale de la chasse.
Quelle tendance du gibier peut escompter retrouver chaque passionné de nature pour cette année ?

GRAND GIBIER
CHEVREUIL

Régulièrement observé en plaine, le chevreuil, que certains pour ne pas dire une majorité de néophytes appellent par erreur « biche » est le plus petit de nos grands gibiers. Cette espèce à part entière n’est, bien sûr, pas à confondre avec la femelle du cerf élaphe, roi de nos forêts. Sa gestion est pratiquée pour le moins assez simplement et les plans de chasse, aussi dénommés plans de prélèvement, sont généralement reconduits d’une année sur l’autre tant l’espèce est présente sur l’intégralité du département. Pour cette année, le succès de la reproduction est très mitigé, en effet, les conditions climatiques observées au printemps ont été plutôt favorables à la reproduction du chevreuil car la bonne pluviométrie printanière a produit une végétation riche et variée et a favorisé une bonne lactation des chevrettes et une bonne survie des jeunes dans un premier temps. Cependant, l’été caniculaire et très sec que nous venons de connaitre a dû tarir précocement les chevrettes qui, pour garantir leur propre survie, auront peut-être abandonné un ou plusieurs des jeunes de leurs portées.


CERF

Même constat aussi en matière de naissance et de survie juvénile du côté du roi de la forêt, qui comme le chevreuil a bénéficié du printemps humide mais qui aura aussi subi la canicule estivale, cependant attention, la biche ne donne naissance qu’à un seul faon quand la chevrette met bas deux faons parfois trois.

SANGLIER

Une espèce qui se porte toujours bien et ce malgré les presque 14 000 individus prélevés l’an passé sur le département. Du côté de la reproduction : la faible glandée de l’automne 2021 aura permis une production normale de jeune et à une période plutôt classique (printemps) reste à savoir comment ces jeunes sangliers auront subit la canicule. Le sanglier est une espèce moins sensible à la sécheresse que le cerf et le chevreuil.
Cependant, les plans de chasse établis en CTL ce printemps sont d’actualités et ne nécessite pas de précaution particulière car même si la population globale est en légère baisse et la reproduction pas exceptionnelle, nous sommes sur une population toujours trop élevée que nous devons contenir autour des 12 000 prélèvements annuels.
Constat d’autant plus important que la Peste Porcine Africaine est toujours en progression en Europe et est toujours à nos portes. Enfin, n’oublions pas que cette population est génératrice de dégâts agricoles conséquents, malvenus en ces périodes où le thème de l’alimentation de l’humanité est un enjeu majeur.

 

PETIT GIBIER
PERDRIX GRISE

Une année en demi-teinte pour la perdrix grise

Les conditions météorologiques du printemps et de l’été 2022 semblaient plutôt clémentes pour la reproduction de la perdrix grise. Néanmoins, le pic de chaleur puis les orages localisés de la seconde quinzaine de juin auront certainement mis en difficulté les couvées de perdreaux devant voir le jour à cette période. La moisson précoce n’aura pas laissé de place aux recoquetages, même si nous savons pertinemment que ce ne sont pas ces maigres couvées qui rattrapent un mauvais pic de saison.
L’indice départemental de reproduction obtenu cet été par l’échantillonnage de près de 2500 perdrix grises est de 3,2 jeunes par poule d’été. De nombreuses poules sans jeunes sont observées (environ 50%), et lorsqu’il y a des jeunes, sauf rares exceptions, ils ne sont pas très nombreux (près de 7 en moyenne). Comme d’habitude, une part importante d’adultes semble avoir disparu entre mars et août (près de 50 % selon l’étude nationale PeGASE 2010-2011).
Les couvées de remplacement ou les tentatives ont probablement été nombreuses mais quasiment sans réussite.
La moitié Sud du département semble avoir été légèrement plus favorisée par la météorologie lors de cette reproduction 2022.
Cet indice de reproduction de 3,2 est donc qualifié de mauvais et fait suite à un très mauvais millésime 2021. Nous sommes sur un niveau de réussite de reproduction équivalent à celui de 2018.

Les conséquences pour la chasse

Le schéma départemental de gestion cynégétique 2019-2025 s’applique pour les zones hors plan de gestion : la chasse de la perdrix grise sera possible cette année car l’indice de reproduction est supérieur à 3 jeunes par poule présente en été. Les week-ends autorisés sont le 1er et 2 octobre et le 8 et 9 octobre 2022.
Les structures cynégétiques soumises à un plan de gestion pour l’espèce (quota de prélèvement) vont devoir proposer des attributions prudentes cette année encore pour permettre malgré tout à leurs chasseurs de parcourir la plaine cet automne.

Retour sur les opérations d’échantillonnage

Ce sont 45 communes qui ont été parcourues par 7 techniciens du pôle Connaissance et Gestion de la Faune Sauvage de la FDCM, accompagnés bien souvent de présidents de sociétés de chasse ou de GIC, d’administrateurs de la FDCM ou de chasseurs locaux.
Les opérations de comptage ont eu lieu après moisson, du 18 juillet au 3 août 2022, les matins à l’aube.
Les résultats d’une commune à l’autre sont très disparates, même dans des secteurs très proches les uns des autres.
A noter cette année que quasiment toutes les structures Petit Gibier de la Marne ont fait l’objet d’au moins un parcours d’échantillonnage sur une de leurs communes.

LAPIN DE GARENNE

Cette année encore, les animaux, jeunes et adultes observés ce printemps, laissaient présager de nombreuses rencontres durant la saison. Néanmoins, la modération reste de mise, car cette situation n’est pas générale au département. Il semblerait qu’assez peu de mortalité ait été constaté à l’heure où nous écrivons ces lignes. Les premières sorties sur le terrain pourraient en surprendre plus d’un en bien comme en mal. Ceci dit, comme tous les ans, l’attention reste d’actualité sur cette espèce, compte tenu des effets néfastes que peut causer une population trop abondante au printemps suivant.

LIEVRE : EN HAUSSE MODÉRÉE

Cette année, les structures des gestion Petit Gibier ont pu reprendre leurs activités de comptage. L’indice départemental Hors Circuit Tronçon progresse fort avec 4,5 lièvres vus par kilomètre éclairé. Les circuits tronçons sont stables avec 3.9 lièvres mais l’indice départemental cache toujours des disparités entre les différents secteurs. Globalement, sur la période 2016-2022, les indices départementaux affichent une stabilité, voire une tendance modérée à la hausse.

ESPECES SUSCEPTIBLES D’OCCASIONNER DES DÉGATS
RENARD

Souvent décrié et pour beaucoup à l’origine de tous les maux de la petite faune de plaine, le renard n’en reste pas moins un bel et valeureux animal de chasse. De là à en faire le principal petit gibier de plaine et de bois, il ne faut pas exagérer. Néanmoins, cette espèce bien présente cette année après une très bonne reproduction au printemps, en attestent les nombreuses observations et prélèvement depuis le mois de juin, offre une multitude de modes de chasse donc de sorties seules ou entre amis durant toute l’année.

CORVIDÉS (corneilles noires, corbeaux freux)

Même si à ce jour, nous n’avons aucun indicateur précis sur l’état de reproduction de l’espèce, il n’en demeure pas moins que les prélèvements réalisés semblent à la hausse depuis quelques années. Ceci traduit donc un état à minima stable des populations et rappelle la nécessité d’assurer une régulation constante de ces deux espèces à la fois pour participer à la préservation de la petite faune de plaine (chassable ou non) en favorisant ainsi la réussite de la nidification, mais aussi pour limiter l’impact sur les grandes cultures. Là aussi, tout n’est qu’une question de régulation et d’équilibre à trouver. Tout le monde conviendra aisément que les excès dans un sens ou dans l’autre ne sont jamais bons.

OISEAUX MIGRATEURS
PIGEON RAMIER

La reproduction est jugée très satisfaisante pour cette espèce présente toute l’année sur le département. En résumé, c’est une constante pour le ramier ou la palombe pour les gens du sud. Cette espèce au mode de chasse singulier, doit permettre de belles émotions tout au long de la saison s’il ne lui vient pas l’idée de déserter le pays en quête de conditions plus clémentes. Il faudra alors jouer d que e ruses pour faire descendre au sol les bandes de milliers d’oiseaux de passage dans le ciel marnais.

GIBIER D’EAU

Le printemps 2022 a été plutôt correct pour la nidification des canards d’un point de vue météorologique.
Les halbrans (jeunes colverts) étaient bien présents à l’ouverture du 21 août dernier. La sauvagine née sur place (milouins, morillons, chipeaux) est présente mais semble plutôt tardive. Le suivi de reproduction de l’Office Français de la Biodiversité sur les étangs en réserve à côté du Lac du Der donne une année dans la moyenne sur ce secteur pour les canards de surface et les plongeurs. Le suivi de la FDCM sur les étangs d’Argonne est relativement faible avec un nombre de couvées assez bas.
Néanmoins, tous les espoirs sont permis sur la reproduction dans des contrées plus nordiques car la migration commence, en particulier en sarcelles d’hiver et d’été et canards souchets. Les premiers canards pilets, siffleurs, et quelques oies cendrées ont également été observés.
Malheureusement, les niveaux d’eau sont particulièrement bas en cette fin d’été et bon nombre de zones humides ne sont pas accueillantes.

CAILLE DES BLÉS

A l’instar de la perdrix grise, la reproduction de la caille des blés a été probablement médiocre et ses effectifs reproducteurs s’amenuisent d’année en année. Quelques rares rencontres auront pu être possibles dans les luzernes et betteraves à l’ouverture spécifique de cette espèce, le dernier samedi du mois d’août et encore, le plus gros des troupes aura déjà fait ses valises pour le continent africain.

BÉCASSE DES BOIS

A l’heure où ce baromètre est rédigé, il est difficile de faire un pronostic anticipé sur la présence de cet oiseau migrateur qui vient hiverner dans l’hexagone. L’importance du contingent hivernant dépendra de sa reproduction estivale en Scandinavie, Europe de l’est et Russie et des conditions météorologiques cet hiver sous nos latitudes. On peut craindre un manque d’information en lien avec la situation tendue entre l’Ukraine et la Russie. Un automne humide et l’absence de gel prolongé pourraient de nouveau favoriser le stationnement de la mordorée dans nos massifs forestiers marnais tout au long de la saison. Pour l’instant, nos bois sont particulièrement secs, la pluie se fait attendre.

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